Toujours pas d’érection !!

Le temps me semble long. Mais court à la fois. Long, car pour cocher érection, les années passent et je ne suis jamais là quand il faut. Court, car le temps de forme qu’il me reste est peut-être infime. A mon âge, une érection c’est précieux. Cette fois, le colosse coulait fort. Sa substance liquide commençait à transformer la surface de la glace en millier de paillettes brillantes et fragiles comme du cristal. Réflexion faite, il n’y a rien de bandant dans ce tube dressé en face de nous. Le plaisir sera ailleurs aujourd’hui. Déjà hier c’était la même chose. Résumé :Samedi 18 février. De la route, mon érection est toute petite. Depuis le parapet, je vois bien qu’elle n’est pas en condition pour une partie de crampons en l’air. Eh les amis, et si on allait voir Les Valseuses ? C’est plus haut et ça doit être en condition, que je leur dis !! Et eux de me dire, Tu sais nous, ce qu’on en pense !!! Du coup, bim, direct on monte droit dans le pentu, histoire de bien faire chauffer les mollets. Et là… Pareil. Les Valseuses mouillent aussi. A cet instant, je peux le dire, ça me casse les couilles !!!Mais comme dit le proverbe, l’érection ne fait pas le printemps. C’est pas un peu d’eau qui va nous empècher de grimper. Non mais !! Par contre, c’est quand on est allé en fin de journée au gite “l’auberge ensoleillée”, que ça s’est compliqué. Trois grimpeurs mouillés, quand ça s’étale, ça se fait réprimander. Et quans ça sort sa bouteille de bière et son bout de saucisson, là, c’est le patron (ça rime avec tête de con) qui ouvre sa gueule pour dire que, “chez nous mooosieur, ça se fait pas !!!”, que “chez nous, on voit pas les grimpeurs comme nos gentils clients Belges braillards et bourrés, non, non !! Du coup, trois grimpeurs mouillés ça reste calme, mais ça monte et ça descend pour remplir son grand verre de bière dans sa chambre et ça s’étale graaaaave sur le canapé devant la cheminée. Et bim !!! Dans ta courge !! Bien plus tard, en me couchant sous les hurlements hystériques d’une bande de mômes totalement à l’abandon, devinez quoi ? J’avais une érection. Absolument inutile puisque Ghislaine dormait avec nous. C’est Christian qui était content !! A moins que ce soit l’inverse, je ne sais plus ?

Dimanche 19 février. Raph, Stéphane et Sylvain nous ont retrouvé au gite. Vite fuyons !! Pour avoir la conscience tranquille (et les baloches en berne) on va quand même faire un crochet au pied d’érection. L’air est déjà connu, ça mouille. Aussi, direction Cagade et la goulotte de Mouretouse. Là haut dans le cirque, le fond de l’air est frais. Effectivement c’est en condition. Et tranquille. Ce qui n’est pas le cas des autres secteurs en condition de la vallée. Orgasme, Phantasme, Ectoplasme sont bien formée mais seul Orgasme et Ectoplasme semblent grimpable. D’ailleurs 4 voitures sont garées sur le parking en face, signe que les lignes sont occupées. Quand à nous, c’est que du bonheur. La goulotte de Mouretouse est parfaite et c’est à la queue leuleu que nous arrivons au sommet.Il n’est pas tard lorque nous redescendons. Qu’à cela ne tienne. Ni une ni deux, hop !! On se termine dans Cagade et son relai décalé. Tellement bien décalé que je me retrouve dans la traversée des dieux à l’Eiger en un rien de temps. Puis au bivouac de la mort qui tue et enfin, dans Vertical Limit quand le héros transporte de la nitroglycérine à 7560m d’altitude. Au taquet !! 15m à l’horizontal, dans une glace bien cassante, en bout de corde à 60m, pour rejoindre ce foutu relai excentré. Bien vu le ni une l’ideux !! Du coup, seul Sylvain me rejoint. Jovial !! Et là on sort le ni une ni deux… rappel. Puis le ni une ni deux, retour aux voitures. Il est 16h45 quand on arrive en bas. Juste l’heure de sortir le fameux apéro-bière-pâté-saucisson-Monster-Tuc-et j’en oublie, du bord de départemental, validé par la préfecture, le PGHM de l’Isère mais pas par le “joyeux” patron du gîte “l’auberge ensoleillée”. Vainqueur hors catégorie du plus beau sourire de l’Oisans 2012. 

Toutes les photos du week-end et quelques cascades en conditions ici. 

Cascade d’Arbois, jusqu’à plus soif !!

Allo !! Gérald ? Oui ! C’est Manu !! Oui ? T’es libre pour aller faire Moulin Marquis, c’est en condition ?

On est mardi. Il est 20h. Impossible de poser 1 jour de congé à 20h. Toutes les secrétaires sont chez elles, mon boulot est fermé, mon chef de service est cool mais je n’vais pas l’appeler si tard. Au risque de me faire jeter. Au risque de louper Moulin Marquis ? Obligé d’attendre 24h.

Je peux jeudi, pas avant !! Mais jeudi, je le sais déjà, ce sera trop tard. Le redoux arrive et cette cascade là ne mérite pas qu’on s’attarde dedans quand les températures montent en flèches.

J’ai les boules et Manu doit les avoir aussi. Mais comment faire lorsqu’on a un boulot. Même un boulot cool et flexible. Je demande à mon thermomètre 24h de pause. Il me regarde avec ses yeux de mercure. Je crois qu’il ne me comprend pas !! Quel con, ce thermomètre !!

L’évidence nous saute aux yeux lorsque nous arrivons à Chorange. +4c°. Au fond du cirque, sa majesté inonde l’espace de toute sa hauteur. C’est magnifique. Mais trop tard. Oh bien sûr, quelqu’un de plus téméraire irait planter ses pioches dedans. Mais à quels risques ? Des milliards de tonnes de glace sensibles aux écarts de température au dessus de la tête. Pourquoi un tel risque ? Avec Manu, on ne se pose même pas la question. Comme deux Robin d’Arbois, on a une autre flèche à notre arc. La Cascade D’Arbois !! 2km plus loin. Elle aussi ne gèle jamais. Elle est en condition.

4 ou 5 longueurs magnifiques, en glace sorbet. Une longueur raide en 5+ (topo) et une longueur magique dans une grotte de glace (les autres longueurs en 4, 4+) font de cette longue coulée, une perle de glace. A faire absolument.

voilà comment, en 24h, Manu et moi, avons loupé Moulin Marquis mais réussi la cascade d’Arbois. Je ne sais pas quoi penser ce matin en écrivant ce texte. Je me dis que jamais je ne ferais Moulin Marquis. Parce qu’elle ne gèle que rarement et que dans 11 ans, j’aurai 61 ans.

Comment serais-je alors ? Croulant ? Mort ? Grand père ? Ce matin je sais que j’aimerai pleurer. Louper Moulin Marquis c’est passer à côté de l’histoire de la glace. Louper Moulin Marquis c’est perdre une part de ma motivation à être glaciairiste. Ce matin, je pense à mon ami Godefroy Perroux, mort le 23 février 2002 dans l’effondrement de la cascade du Bourgeat, à Chamonix. Il y a dix ans. C’est ça. Dix ans d’attente pour revoir Moulin Marquis en condition. Dix ans que je n’ai pas revu God. Moulin Marquis ne s’est pas effondrée sur nous. Voilà la bonne décision. Il me reste à être patient. Fort et patient !!

Pour voir l’ensemble des photos de la cascade d’Arbois plus celles des cascades des gorges de la Bournes.

Et le topo là , de Simon Destombe.

Bonne glace !!

Même en cent ans, je n’aurais pas le temps…

Même en cent ans et cent glaciations, je n’aurais pas le temps de visiter un si grand univers. Sauf si je posais dès aujourd’hui, le reste de mes RTT de mes 30 prochaines années (à la condition impérative que mon ami Sarko allonge l’âge du départ à la retraite à 75 ans). Car comment faire ? Comment faire oui, alors que je n’ai pas encore coché des lignes comme, Erection, Le Grand Clôt ou L’étoffe des blaireaux et que des p’tits gars sympathiques ouvrent des lignes magnifiques comme celle que nous avons fait hier. Oui, comment faire ?Mais Gaetan est une machine. Une machine à grimper. Et la cascade qu’il nous propose là, est un bijou dans un écrin de verdure. Voir dans une forêt dense, où des grimpeurs mals orientés, se perdent pendant de longues minutes à la recherche du sésame tant espéré. Libre à eux de se perdre puisque nous, on a trouvé tout de suite. Et Bim !!La cascade est majeure. A tous les niveaux et il fallait avoir du nez, de bonnes jumelles et un sens inné de l’escalade sur glace pour dénicher cette perle. Juste au dessus de Crolles, sous la dent du même nom. En Chartreuse quoi !!La descente en 2 rappels mène au pied de la première longueur en glace très travaillée. Pour l’accès et le topo complet, voir le blog de Gaetan Raymond. Il reste à remonter les trois longueurs dont la cotation générale est 5. Pour ma part, malgré certains commentaires qui indiquaient des protections alléatoires à placer dans la 1ère longueur, j’ai trouvé l’escalade plaisante, avec un panel de gestes complet, très typés glace, allant du cochetage sur pétales à l’ancrage dans une glace très fine. Des bombés, des colos à crocheter, des changements de panneaux, une ou deux cloches bien fines et pour finir, la goulotte sublimissime de la dernière longueur. Toutes les photos ici.Pour terminé ce petit topo d’une journée de glace réussi, je tiens à remercier Sylvain Brunet pour le titre de cette page. Car sans lui, jamais je n’aurai encore en tête maintenant, la fantastique chanson de Micel Fugain, Je n’aurai pas le temps !! Merci aussi à Ghislaine pour me suivre encore aujourd’hui, dans mes folles ascensions et à Gaetan Raymond pour nous montrer le chemin qui mène aux étoiles.VIVE LA GLACE !!

Un avant gout de goulag !! Coupe du monde de glace 2012. Champagny

De retour de la coupe du monde de glace à Champagny. 3ème étape de cette compétition, dont les deux premières étapes ont eu lieu en Corée du sud et en Suisse (Saas Fee). Coupe du monde en tant que bénévole, pas en tant que grimpeur. Même si j’ai fait la sélection FFCAM à l’usine, il y a 1 mois. Pour le coup, j’ai juste pu faire assureur des qualifications hommes, puis colleur d’affiches à la salle d’isolement, monteur de scène à la salle des fêtes, descendeur de banc-plateau-tréteaux à la salle des fêtes, élévateur de futs de bière, déplieur de sponsors à l’arrière du podium après la fin de la compétition. Bénévole niveau mondial, quoi !!

Mais aussi, des grimpeurs et grimpeuses niveau mondial. Le top du top. Une colonie de Russes, des Bulgares, des Ukrainiens, des Coréens, des Suisses, des Canadiens et enfin, d’irréductibles Gaulois. 10. L’équipe de Gaules. Tu parles, Charles !! Huits grimpeurs et deux grimpeuses aux pioches bien raides. Courbés juste ce qu’il faut pour ancrer, yaniroter, crocheter. La véritable Gaule made in France. Malheureusement le niveau n’est pas celui du DTS et seul Simon Duverney du team France accède à la finale. Yann Gérôme frôle les demi-finales à deux prises près. Même Gaetan la machine se troue et joue son mouvement favori, “la zippette de la mort”. Je l’assurais et franchement, ça m’a grave fait chier pour lui. Chez les filles, Stéphanie zippe à son tour durant les demi-finales tandis que Marjorie Juarez chute trop tôt durant cette même demi-finale pour prétendre accèder à la finale.

Résultat de l’équipe nationale FFCAM (vitesse entre parenthèse) :

Classement Femmes : 11) Stéphanie Maureau 19) Marjorie Juarez

Classement Hommes : 8) Simon Duverney 23) Yann Gerôme (15’’59) 29) Jessy Pivier (20’’67) 32) Jehan-Roland Guillot 45) Benjamin Guigonnet 45) Gaetan Raymond (20’’06) 45) Frederic Degoulet (21’’09) 52) Pierre Boucher (26’’75)

Pour ma part je suis triste de voir Stéphanie Maureau zipper en demi finale et ne pas se qualifier pour une finale de coupe du monde en France mais heureux de voir Jessy Pivier se hisser si haut dans le classement mondial d’une épreuve de coupe du monde.

Il reste à parler du froid sibérien, propice à la mise sur orbite de l’équipe nationale Russe (à quand une véritable équipe de france de coupe du monde avec sponsors, entraineurs, moyens financiers ??) mais une photo du thérmomètre suffit à expliquer les poils du nez qui collent et les orteils qui deviennent bleus.

Maintenant que tout est terminé pour moi. Plus de compètitions de dry, de championnat de France, de coupe du monde de glace, place à la glace. Le froid est là, même trop là. Mais on ne va pas se plaindre puisque le gel va figer des lignes qui n’ont pas gelé depuis 2005. Déjà des lignes de l’Ain vont voir le jour et celles de Chartreuse commencer à toucher le sol. Que la fête continue !! Et vive le glace…

Il me reste encore à vraiment féliciter Etienne Grillot et l’ensemble du staff de la tour de glace, pour cet évènement hors norme pour un pays comme le notre, qui ne jure que par le foot, le rugby, le basket et qui oublie même de montrer à la télé, l’équipe de France de ski en pleine coupe du monde. Alors que dire d’une coupe du monde glace ?? Vraiment les mecs, c’était chaud bouillant ton trip !! Davaï quoi !!

Je te salue ma vie, pleine de glace !!

Après un peu d’attente, la glace est enfin posée sur le caillou. Je sens de nouveau mes nomics vibrer. Et une envie d’en découdre avec l’hiver. Oublié la jambe cassée du mois d’août. Va falloir engager. Après la falaise, puis Presles, la saison de dry et le DTS, la sélection folklorique (pour moi) de l’équipe de France glace et enfin l’initiateur SAE, je chausse enfin les crampons. Je fais mon putain de joli sac, mode cascade. Je vis, je revis. Et Ghislaine, Raph et Stéphane aussi, puisqu’ils sont avec moi pour cette première sortie de l’hiver. Le pylône pour voir si tout va bien (jambe et tête). Le pylône et ses grappes humaines qui balancent le matos à chaque longueur. Broches et descendeur s’envoient en l’air. Une nuit en gite pépère et le lendemain, un petit cigare “surcoté”, Diabolobite. Deux jours de glace et deux cascades. Et des rires à foison. Que demander de plus ?

Toutes les photos des cascades en face sud, plus Diabolobite  ici

Continue Reading

Sors ton Nomic !!! Conditions de glace au vallon du diable et ailleurs. 28 décembre

Salut à tous les glaciairistes en manquent d’infos. Soyez heureux, je m’y colle gratis et pour pas un piolet. Mercredi matin. Rien ne presse puisque je suis tout seul. Je vais voir à quoi ressemble le vallon du diable et les possibles cascades du Vénéon, de Champhorent et de la Mariande. Visiblement ça grimpe partout. En tous cas, dans toutes les cascades prisent en photos. 2 cordées dans le vallon du diable pour faire 2 classiques faciles. A noter que le vol du bourdon ne semble pas très épaisse et pleine de stalactites. Idem pour la verge, avec en plus pas mal de neige plaquée la partie inférieur. Toutes les approches sont tracées, même celle qui mène à la cascade Grison. La trace est assez moyenne car très récente mais pas besoin de raquettes. Toutes les photos ici. Ainsi que le petit film panoramique du vallon du diable, ici.

Bonne glace à tous et restez prudent. Même si l’année commence mal, pas la peine de se mettre mal pour deux glaçons qui se courent après. L’hiver commence juste !!

Pour cent euros t’as plus rien !!! Sélection France Ice Climbing World Cup UIAA 2012.

L’autoroute se couvre de neige. Il est 6h du matin. Au bout de l’autoroute, l’usine. Wouais, encore l’usine !! Toujours l’usine !! Mais vive l’usine, quoi  !! C’est pas loin de chez moi.Une heure quinze en temps normal. En temps normal c’est quand il neige pas. Mais là, putain ce qu’il neige !! Je double à 60km/h des BMW et des Audi dernier cri. Ces bombes patinent dans la semoule tandis que mon trafic glousse de plaisir. J’appelle Jeff. “Dis Jeff, Christian et moi on va être en retard !!” Et j’accélère. 70km/h. 80. 90. On arrive au péage presque dans les temps. Pas dans l’étang. Et encore moins dans la balustrade. La journée peut continuer.

Parking de l’usine. Gaetan et Stéphanie arrivent en même temps que nous. Je leur dis, ça va ? Ils me disent, ça va ! Je leur dis, ça roulait bien ? ils me disent, Ouais ! Pendant ce temps Ingrid pleure. Je lui dis, ça va ? Elle me dit, non ! Je lui dis, pourquoi ? Elle me dit, mon homme ! je lui dis, Ah ! Puis on marche vers la grotte.

Y’a du monde. Tout le DTS. Salut !! Bonjour ! Salut ! Tu vas bien ? Salut ! On sert des mains. Beaucoup de mains. Enfin pas tant !! Un peu. Salut !! Eh, mec !! Salut !! T’es en canne ? Et toi ?

Etienne sort de derrière une grande bâche. Il dit, salut !! On dit salut !! Il dit, ça va ? On dit, ça va ! Il nous regarde. On l’regarde. Il nous regarde. Gaetan va s’échauffer !! Du coup, tout le monde va s’échauffer. Y’a du vent. Un peu. Il neige. Un peu. Mais sous le dévers de l’usine, il fait juste froid. Etienne affiche l’ordre de passage. Je passe avant dernier. Et merde !! Je regarde Etienne, il me regarde, j’le regarde, il me dis, c’est l’ordi. Du coup, j’dis rien.

Midi. Je viens de tomber. Les bras farçis comme une dinde de noël. Les doigts ouverts sur un avenir que je devine incertain. Je regarde mon piolet. Il me regarde. J’lui dis, connard ! Evidemment, il me dit rien.

Salle d’isolement. Je me gave de Monsters et de Redbull. Je rote. Je mange un sandwish. Je rote. Ah oui, je fais une photo du groupe. J’immortalise la scène. Un rayon de soleil inonde la salle d’isolement qui ressemble à un champ de dryeurs. On se pèle. Mais on sourit. Etienne nous appelle. Les uns après les autres. Enfin mon tour. “Gérald !!” Je viens. Il me regarde, j’le regarde. Il tire ma corde, je tire la gueule. J’ai froid. Il me dit, fonce. Je pense, fonce le vieux. Je souris. Parce que c’est vrai. Que je suis vieux. Plus vieux qu’eux en tout cas. Mais je m’en fout. Je suis bien. Je me sens bien. J’ai vingt ans. Là, maintenant. Je lève la tête et je regarde ce qui m’attend. J’ai vingt ans et je suis en canne. Même si c’est pas vrai. Je me dis, fonce mec !! Je grimpe. Je grimpe. J’avance. Comme le nom du blog de Jeff. J’avance. Et puis mes bras s’ouvrent. Je tombe. J’ai tout donné. Surtout ne rien regretter. Demain j’aurais mal aux bras. Mais j’ai plus froid.

22h. Devant ma glace de salle de bain, un type me regarde. J’le regarde. Il me dis rien. J’lui dis, ça va ? Il me répond… et toi ?

Bref ! J’ai fais les sélections France Ice World Cup 2012.

DTS Tour 2011. Le film !!

Pour ceux que l’aventure dry interresse, voilà le film du DTS Tour 2011.

http://www.dailymotion.com/video/xn31qp_dts-2011-version-finale_sport

DTS Tour 2011. La finale. Le patron de l’Usine… est une patronne !!!

De loin, la grotte de l’Usine ressemble à une bouche ouverte sur le massif du Vercors. Une bouche de calcaire sale et inhospitalière qui hurlerait au monde alentours un appel au secours. La bouche d’un géant pétrifié depuis la nuit des temps, attendant qu’on entende le cri d’un monde révolu et désespéré. Depuis l’autoroute, tandis qu’au loin le trou béant s’ouvre à nous à la sortie d’une large courbe et tente de nous attirer à lui, un son étrange fait vibrer l’air qui circule à l’intérieur de l’auto. On ouvre la vitre. On ouvre la vitre et là, on entend ce souffle venu du fond des âges et qui hurle au monde des amoureux du dry, son appel. Ce n’est pas un appel de détresse, non !! C’est un appel de DTS. Et nous, nous le suivons !!

Cette bouche ouverte à la plaine, nous montre le chemin des cimes. Encore un peu et elle finira par nous avaler. Tel des affamés, nous sommes prêt pour le festin.

Et comme d’habitude, le menu du jour est Gargantuesque !!

Piolets farcis – crampons garantis sans OGM. Le tout, accompagné de musique techno parade à s’en faire péter la panse. La carte indique le numéro des tables et un nom pour chaque plat. Un “perfo” par ci, une ”SAT” par là, ou encore “reactor”. Rien dans le nom de ces recettes n’indique une spécialité culinaire ou une particularité régionale. Il y a bien, qui circule entre les tables, un grand manitou (c’est un guide de renom encore plus connu que le guide Michelin) venu en dégustation au nom de la FFCAM. Il ne porte pas comme tous les autres, un piolet dans chaque main, mais à la place, un pique-assiette. Pour sûr, ce mec joue dans Master Chef sur M6. Mais M6 c’est quoi à comparé d’un D10+ de l’Usine, hein ?? Il publiera sûrement ses critiques culinaires dans le Gault et Millau de la fédé et nous pourrons lire enfin, si le repas lui a plu. On sait qu’il a la plume facile, cet homme là !! Rabelais n’a qu’à bien se tenir.

Le DTS veut son étoile. Les cuistots ont mis les petits plats dans les grands et sorti le perfo. Gaetan le premier, qui, pendu dans son baudrier, perce la falaise comme un mort de faim. Jeff fait la tournée des popotes, stylo à la main, tandis que Jonathan circule entre les tables pour voir si tout va bien. Etienne, quand à lui, joue avec les boutons d’une table… de mixage et montre qu’il manie aussi bien les piolets que les fourchettes, en grimpant “l’usine” en chaussette. Sous l’oeil critique d’un Christophe prenant des notes.

Mais les grimpeurs ont faim. Tous attaquent le hors d’oeuvre, alors que moi, j’attaque déjà le plat de résistance. En fait, je déguste !! Je ramasse. Et pas que les miettes !! La bouche de l’Usine est déjà en train de me digérer alors qu’il n’est pas encore midi. Je prendrai bien un petit digestif pour me remonter le moral mais je me suis promis de terminer en beauté ce festival du dry. Le tibia me titille et les appuis sont parfois douloureux. Mais que m’importe. Je suis vivant. Et tellement heureux de me pendre à l’envers. De m’accrocher à autre chose qu’à des rêves. A deux Nomics !! Etre en canne, pour moi, a une autre signification. Ne plus en avoir, c’était ça le but.

Ainsi va passer la journée. L’Usine n’est pas une bouche. L’Usine n’est pas un restaurant. L’Usine est une cantine scolaire remplit d’enfants aux yeux qui brillent. Il y a du bruit et du chahut. Et le repas est unique. La frite à tous les repas. Je ne crois pas qu’un gastronome y trouve son compte puisque la seul chose qu’on se mette sous la dent ici, c’est de la poussière.

Ainsi se termine mon petit compte rendu du DTS de l’Usine. Sourire aux lèvres, je me revois couché 9h d’affilé sur mon canapé durant la petite canicule du mois d’août. Je repense à Stèph qui m’appelait tous les 3 ou 4 jours pour prendre de mes nouvelles et me donner des siennes. Quatre mois plus tard, j’enchaine presque un D8 et Stèph gagne l’étape de l’Usine. L’histoire est bien belle pour ne pas la mettre par écrit. C’est ce que je viens de faire à l’instant. Vive le Dry !!

Les photos d’Alexandre Girbal sur cette épreuve du DTS, ici, mais aussi les miennes.

PS: Une pensée amicale pour Flo en pleine rééducation du genoux. Tout reviens vite qu’en on y croit fort.

DTS Tour 2011. Les bètes du zoo sont lachées !!

La falaise du Zoo grouille de monde pour cette deuxième manche du DTS Tour. Personne n’est refroidit par la température du matin et ses -3 degrés. Une bonne marche en sous bois, dans les couleurs givrées de l’automne permet de vite se réchauffer. Pas de pluie pour cette deuxième manche. Les Bourettes et ses trombes d’eau sont oubliées. Aujourd’hui, seules les feuilles de hêtres tombent du ciel tandis que la falaise apparait. Un feu crépite aux pieds du gigantesque toit dont l’avancée de 20 mètres demande au cou de bien se pencher en arrière pour voir le ciel au dessus. On y est. On est au Zoo. Le spot est dément. Impressionnant même !! De toutes parts, le voies équipées attendent les grimpeurs de dry. L’organisation a bien fait les choses et le breafing de Jeff donne le départ de cette compétition amicale, sans prise de tête, avec comme seul mot d’ordre, le bourrinage jusqu’à plus de bras !!!

Pour la totalité des concurrents présents sur le site et quelque soit leur niveau, la formule magique qui fait à la fois fermer les bras, recoller au rocher, gainer les abdos, passer moultes Yaniro et enfin, sortir la voie sourire aux lèvres, n’existe pas. Les piolets volent autant que les 60 grimpeurs inscrits sur cette manche. Quelques cris par ci par là montre que, quand même, ça envoie grave dans les dévers, grave dans les inverses, grave dans les prises taillées. On entend parler le Russe (Davaï, quoi !!!), l’Autrichien, le Suiiiisse (avec deux membres de l’équipe nationale) et enfin le Français (En même temps, c’est un peu normal !!). L’ambiance conviviale de cette journée de grimpe, où les seuls animaux du Zoo à donner de la voix sont les grimpeurs et leurs encouragements, apporte une pierre de plus à l’édifice DRY. Car c’est ce qu’il faut retenir de cette deuxième manche du DTS Tour. Le dry tooling continue d’avancer et de se faire une place au soleil sous les grands dévers du monde de l’alpinisme. C’est quelque chose à part que de se prendre avec des piolets et des crampons sous des voies rocheuses en dévers. C’est quelque chose à part mais Wahou… qu’est ce que c’est bon !!

Les photos de Florence Engelf et Ingrid Laillaut de la deuxième manche ici.

Et toutes les infos sur dry-tool-styl.com

Le teaser du DTS Tour 2011 en cliquant là.

Rendez vous à l’Usine pour la troisième épreuve du DTS Tour, le 3 décembre. La finale !!!

Classement Final du Zoo

1/ Yann Gérôme

2/ Benjamin B

3/ Fred Degoulet

4/ Jehan Rolland Guillot

5/ Stéphanie Maureau

6/ Pierre Boucher

7/ Kevin Peyre

8/ jurgen Chritmann