Le temps me semble long. Mais court à la fois. Long, car pour cocher érection, les années passent et je ne suis jamais là quand il faut. Court, car le temps de forme qu’il me reste est peut-être infime. A mon âge, une érection c’est précieux. Cette fois, le colosse coulait fort. Sa substance liquide commençait à transformer la surface de la glace en millier de paillettes brillantes et fragiles comme du cristal. Réflexion faite, il n’y a rien de bandant dans ce tube dressé en face de nous. Le plaisir sera ailleurs aujourd’hui. Déjà hier c’était la même chose. Résumé :
Samedi 18 février. De la route, mon érection est toute petite. Depuis le parapet, je vois bien qu’elle n’est pas en condition pour une partie de crampons en l’air. Eh les amis, et si on allait voir Les Valseuses ? C’est plus haut et ça doit être en condition, que je leur dis !! Et eux de me dire, Tu sais nous, ce qu’on en pense !!! Du coup, bim, direct on monte droit dans le pentu, histoire de bien faire chauffer les mollets. Et là… Pareil. Les Valseuses mouillent aussi. A cet instant, je peux le dire, ça me casse les couilles !!!
Mais comme dit le proverbe, l’érection ne fait pas le printemps. C’est pas un peu d’eau qui va nous empècher de grimper. Non mais !! Par contre, c’est quand on est allé en fin de journée au gite “l’auberge ensoleillée”, que ça s’est compliqué. Trois grimpeurs mouillés, quand ça s’étale, ça se fait réprimander. Et quans ça sort sa bouteille de bière et son bout de saucisson, là, c’est le patron (ça rime avec tête de con) qui ouvre sa gueule pour dire que, “chez nous mooosieur, ça se fait pas !!!”, que “chez nous, on voit pas les grimpeurs comme nos gentils clients Belges braillards et bourrés, non, non !! Du coup, trois grimpeurs mouillés ça reste calme, mais ça monte et ça descend pour remplir son grand verre de bière dans sa chambre et ça s’étale graaaaave sur le canapé devant la cheminée. Et bim !!! Dans ta courge !! Bien plus tard, en me couchant sous les hurlements hystériques d’une bande de mômes totalement à l’abandon, devinez quoi ? J’avais une érection. Absolument inutile puisque Ghislaine dormait avec nous. C’est Christian qui était content !! A moins que ce soit l’inverse, je ne sais plus ?
Dimanche 19 février. Raph, Stéphane et Sylvain nous ont retrouvé au gite. Vite fuyons !! Pour avoir la conscience tranquille (et les baloches en berne) on va quand même faire un crochet au pied d’érection. L’air est déjà connu, ça mouille. Aussi, direction Cagade et la goulotte de Mouretouse. Là haut dans le cirque, le fond de l’air est frais. Effectivement c’est en condition. Et tranquille. Ce qui n’est pas le cas des autres secteurs en condition de la vallée. Orgasme, Phantasme, Ectoplasme sont bien formée mais seul Orgasme et Ectoplasme semblent grimpable. D’ailleurs 4 voitures sont garées sur le parking en face, signe que les lignes sont occupées. Quand à nous, c’est que du bonheur. La goulotte de Mouretouse est parfaite et c’est à la queue leuleu que nous arrivons au sommet.
Il n’est pas tard lorque nous redescendons. Qu’à cela ne tienne. Ni une ni deux, hop !! On se termine dans Cagade et son relai décalé. Tellement bien décalé que je me retrouve dans la traversée des dieux à l’Eiger en un rien de temps. Puis au bivouac de la mort qui tue et enfin, dans Vertical Limit quand le héros transporte de la nitroglycérine à 7560m d’altitude. Au taquet !! 15m à l’horizontal, dans une glace bien cassante, en bout de corde à 60m, pour rejoindre ce foutu relai excentré. Bien vu le ni une l’ideux !! Du coup, seul Sylvain me rejoint. Jovial !! Et là on sort le ni une ni deux… rappel. Puis le ni une ni deux, retour aux voitures. Il est 16h45 quand on arrive en bas. Juste l’heure de sortir le fameux apéro-bière-pâté-saucisson-Monster-Tuc-et j’en oublie, du bord de départemental, validé par la préfecture, le PGHM de l’Isère mais pas par le “joyeux” patron du gîte “l’auberge ensoleillée”. Vainqueur hors catégorie du plus beau sourire de l’Oisans 2012.
Toutes les photos du week-end et quelques cascades en conditions ici.























